Retour sur… le débat SMS du 24 novembre

Science ouverte, vous avez dit « science ouverte »?

Deuxième séance des débats SMS, 24 novembre 2018.

La terre est-elle vraiment plate? La lune n’est-elle qu’un hologramme? Ce sont des siècles de méthode scientifique qui ont permis de dépasser l’évidence visible, et de partager une vision du monde plus conforme à la vérité. La savoir scientifique n’est pas une opinion. Aujourd’hui, les révolutions technologiques et numériques permettent d’ouvrir la science, autorisant par là le citoyen à se réapproprier la production scientifique (données, publications) et même le processus scientifique (sciences citoyennes et participatives). Dans quelles conditions?

Débat conçu par Marie Coris (Université de Bordeaux, animatrice du collectif) et Olivier Le Gall  (chercheur à l’INRA et président de l’Office Français de l’Intégrité Scientifique). Un débat animé par Michel Cabannes (Animateur du Café Economique de Pessac), accueilli et co-organisé par Cap Sciences.

INTRODUCTION

Pour ouvrir la séance, rien de mieux qu’un petit rappel sur les objectifs des débats SMS : échanger à bâtons rompus pour reconstruire le pacte de confiance entre sciences, médias et citoyens.

En amont de la séance, tous les intervenants se retrouvent pour échanger, se rencontrer, et préparer le débat. C’est l’esprit, tous les intervenants sont bénévoles, l’entrée est libre et gratuite. Gratuit ne veut pas dire « sans coût »! Saluons alors l’arrivée des mascottes du collectif, des petits cochons friands de pièces de monnaie (et de petites coupures) pour faire vivre le collectif dans la convivialité. Et pour permettre d’inviter des intervenants extérieurs qui doivent bien venir jusqu’à nous.

Science ouverte, vous avez dit « science ouverte »? Olivier Le Gall précise tout de suite ce dont il s’agit et ce dont allons débattre ce soir, en présentant le plan national pour la science ouverte qui sera officiellement lancé le 4 décembre prochain à l’occasion des premières journées nationales de la Science Ouverte.

1 débat en mode valse?  Revenons sur les trois temps de notre échange.

Temps 1 : Université, la science ouverte, ça change quoi pour toi?

Première concernée par l’ouverture des sciences, comment l’Université s’en saisit, concrètement? Qu’est ce que ça change ou peut changer pour elle et pour ses chercheurs?

Jerôme Poumeyrol, Conservateur des bibliothèques, Responsable du Service « Soutien et services à la recherche » à l’Université de Bordeaux, ouvre le bal pour rappeler les trois axes du plan national pour la « Science Ouverte »: donner un accès libre et gratuit aux publications académiques, mettre en accès libre les données de la recherche pour reproduire ou réfuter les résultats académiques, et ouvrir les sciences aux citoyens.

Sabrina Granger, Conservatrice des bibliothèques, référent de l’axe « Information Scientifique et technique » à l’URFIST, intervient alors pour préciser les enjeux liés au numérique.  Tous les chercheurs ne sommes pas égaux face aux nouvelles opportunités offertes par le numérique. Côté chercheurs, Maylis Ferry (doctorante en sciences politiques « Les savoirs scolaires comme enjeux de pouvoir et d’identifications collectives) rebondit sur l’appréhension des sciences par la société, Sylvain Delzon (Directeur de Recherche en Ecologie Forestière, éditeur en chef de la revue JPH, Journal of Plant Hydraulic) insiste sur les processus de publication académique en en précisant les avantages et les travers, travers sur lesquels rebondit alors Olivier le Gall en sa qualité de président de l’Office français pour l’intégrité scientifique.

Temps 2 : La parole aux médias et aux médiateurs

Le deuxième temps du débat donne la parole aux journalistes et aux médiateurs scientifiques. Nous accueillons d’abord Azar Khalatbar (Journaliste scientifique Science et Avenir) qui nous parle de son métier et de l’évolution de celui-ci dans le contexte de la numérisation croissante de l’économie et de la société. La presse scientifique écrite peine à trouver son modèle et a du mal à résister face au « fourre-tout » d’Internet. Un débat s’engage alors avec le public, pointant la nécessité de réfléchir ensemble pour inventer de nouveaux modèles (ou modalités) pour la diffusion d’informations de qualité.

Pour rebondir sur la nécessité de la médiation scientifique,  Antoine Blanchard (co-fondateur du Café des Sciences) présente la démarche et l’originalité du café des sciences, initiative bénévole, qui se saisit du numérique tout en garantissant les contenus hébergés. Hervé Maisonneuve  (médecin et chasseur de fraudes scientifiques) présente les enjeux des relations entre science et société dans le domaine de la santé.  Il insiste sur plusieurs points qui sont détaillés sur son site, en particulier sur la question de la publication des résultats des essais cliniques et sur le paradoxe que ceux financés par l’industrie sont plus souvent divulgués que ceux financés sur fonds publics. Pour synthétiser les débats et faire le lien entre médias, société et sciences Magali Cabanas (Médiatrice Scientifique à CapSciences, en partance pour Besançon) nous explique l’importance des médiateurs dans cette relation (prendre le temps du décryptage, celui dont ne dispose pas toujours les journalistes scientifiques  dans l’urgence de l’actualité). Elle pose une question importante : pourquoi la médiation est-elle aussi souvent absente des services (pas ou peu de postes et de moyens) des Universités?

Place aux citoyens.

Temps 3 : Et le citoyen dans tout ça ? Focus sur les sciences (et le initiatives) participatives

Sur le plateau ce soir : Laurent Couzi (LPO, gestion des données citoyennes) et Mathieu Noucher (géographe CNRS de l’université de Bordeaux spécialisé sur les cartographies citoyennes, participatives, collaboratives) pour parler de sciences participatives.

Sciences citoyennes, sciences participatives et sciences collaboratives sont au programme. Participer à la science n’est pas forcément « faire » de la science ou être scientifique. Mais cela permet de s’ouvrir, de s’intéresser et, au final, de chercher à comprendre. De grandes masses de données sont produites par les citoyens qui participent à faire des relevés d’informations (présence d’espèces, végétales comme animales, par exemple). Ces données existent, elles sont dans des bases. Elles permettent un suivi, elles permettent des cartographies. Elles sont peut-être sous exploitées par les chercheurs.

Nous accueillons enfin Damien Mouchague (Directeur du Conseil de Développement Durable de Bordeaux Métropole) pour nous présenter l’initiative « Tester-demain ». Un certain nombre de « solutions » technologiques, méthodologiques, écologiques émergent, y compris au niveau local, sans qu’elles soient forcément bien connues par les acteurs susceptibles de les utiliser voire les réguler. Nous voyons bien que se pose la question de la culture scientifique voire de la méthode scientifique pour l’action publique : comment construire un esprit critique sur ces émergences qui ne consistent pas simplement à déléguer l’analyse à une expertise et à conserver un pouvoir d’arbitrage ?

PLACE AU DEBAT AVEC LA SALLE! Et pour que ce soit plus convivial, pour que tout le monde ose poser sa question, nous l’organisons autour d’un verre de l’amitié qui permet les échanges directs et sans introversion!

1 réponse

  1. 2018-10-26

    […] Prochaine séance ? Le 24 novembre à 19h, n’oubliez pas de vous inscrire. Les infos sont ICI. […]

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